La ville de Marseille souhaite obtenir l'autorisation du gouvernement pour encadrer ses loyers, face à la hausse des prix. Si la mesure peut bénéficier aux locataires, les professionnels du secteur restent frileux.
C’est une mesure pour limiter l’inflation des locations. Depuis quatre ans, la municipalité de Marseille demande le droit d’encadrer ses loyers pour limiter les excès. La mesure, déjà expérimentée à Lille, Lyon ou Paris, permettrait de réguler les coûts pour les locataires. Mais l'expérimentation nationale arrive à son terme en novembre 2026.
Les plus précaires pénalisés
“Ce n’est pas une baisse des loyers, c’est prendre le loyer médian pour une typologie et un quartier équivalent, et mettre un taquet de 20% maximum, explique Audrey Garino, adjointe (PCF) déléguée au logement au maire de Marseille. C’est juste de limiter une hausse excessive, dont les premières victimes sont les populations les plus précaires. Les loyers les plus élevés sont sur les petites surfaces."
À cause de la hausse des prix pour les locataires, le marché est aussi moins dynamique. "La personne qui veut louer un 50m² aujourd’hui le paiera 500 euros plus cher par an que celle qui est déjà installée dans son 55m². Ça pousse à rester dans son logement, il n’y a plus de rotation", rajoute l'élue.
Les craintes des propriétaires
Mais l’UNPI (Union nationale des propriétaires immobiliers), qui représente les petits propriétaires, craint que la mesure ne décourage les bailleurs. “Aujourd’hui, le propriétaire voit une augmentation de ses charges, la taxe foncière, les charges de copropriété, la réglementation qui augmente, etc., résume Juliette Hillmeyer, directrice générale de l'Union nationale des propriétaires immobiliers 13 et 83. Forcément il y aura une rentabilité moins forte, les risques sont plus élevés, et donc une envie de désinvestir.”
Un bilan mitigé en France
Lancée en novembre 2018, puis prolongée de trois ans en 2023, l'expérimentation offre un bilan contrasté, selon un rapport commandé par Matignon. Une baisse des annonces locatives est ainsi observée dans certains territoires. Un écueil à éviter selon les professionnels du secteur, dans une ville où l’immobilier est déjà en tension.
“On s’excuse régulièrement de ne pas répondre aux candidatures des locataires. Certaines annonces reçoivent 250 candidatures en 24 heures. Ça devient infernal à gérer, et pour les candidats locataires ça devient très difficile”, rajoute Stéphane Pujol, fondateur de l’agence Immobilière Pujol.
Article rédigé avec Laure Bourgoin et Loïc Perrier, journalistes à Ici Provence-Alpes TV.
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