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Police Municipale de Marseille
Un mois après avoir été saisie, la Chambre régionale des comptes a rendu son avis sur la situation financière de la Métropole Aix-Marseille-Provence ce jeudi 11 juin 2026. Résultat : pas d'augmentation de la fiscalité mais attention aux difficultés structurelles de la métropole Aix-Marseille.
Ce jeudi 11 juin 2026, la Chambre régionale des comptes a rendu son avis sur la situation financière de la Métropole Aix-Marseille-Provence. En un mois, les magistrats financiers ont passé au crible les quatorze budgets de la métropole Aix-Marseille.
Le diagnostic est sans appel : le déficit est plus important qu'annoncé. Il est désormais estimé à 144 millions d'euros contre les 123 millions d’euros estimés par les élus de la métropole lorsqu’ils ont décidé de remettre la question du déficit budgétaire entre les mains des magistrats de la Chambre.
Résultat : tout le fonctionnement de la métropole est questionné : "Ce que dit notre avis, c’est qu’on est face à un problème structurel et connu. Nous, on va résoudre le problème ponctuellement pour les semaines et les mois qui viennent mais il va demeurer", souligne Xavier Lefort, le président de la Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côtes d’Azur.
Pour redresser la barre et présenter un budget à l'équilibre, comme la loi l'exige, la chambre régionale des comptes avance plusieurs pistes, non contraignantes.
Parmi elles, revoir le mode de fonctionnement des transports dont le budget représente 1,3 milliard d'euros sur les 5 milliards d'euros du budget total de la métropole ou encore réduire les versements aux 92 communes qui constituent la collectivité : "Les versements aux communes qui constituent la métropole ne lui permettent plus d’assumer dans les bonnes conditions avec des marges suffisantes ces compétences budgétaires et ces compétences propres qui sont principalement pour une métropole de cette taille de transporter les gens, de ramasser les déchets et de fournir de l’eau", poursuit le président de la Chambre régionale des comptes PACA.
Autre recommandation : pas de hausse de la fiscalité pour les habitants. Une bonne hypothèse pour le vice-président de la métropole Aix-Marseille, David Ytier : "Quand nous sommes arrivés aux affaires, il semblait y avoir une seule piste : cellule de l’augmentation massive d'impôts", indique-t-il avant d’ajouter : "Aujourd’hui, la chambre ouvre un autre chemin, un chemin sur lequel nous avons nous-même fait des préconisations celle de pouvoir baisser la dépense publique et faire des économies sur le fonctionnement de la métropole".
La décision du budget de la métropole est désormais entre les mains du préfet de région. Ce dernier a jusqu'à 20 jours pour trancher.
Un article réalisé à partir du reportage de Sonia Boujamaa, Juliette Coulais, Laure Bourgoin-Gardner et Romain Perich.
Bâteau NAV3 Pointe Rouge/Les Goudes (mauvaises conditions de Météo)
les traversées entre la Pointe rouge et les Goudes sont interrompues
Bâteau FERRY ; mauvaises conditions Météo (interruption du service du Ferry Boat
LES TRAVERSEES SERONT RETABLIES DES QUE LES CONDITIONS LE PERMETTRONT
MARDI 9 et MERCREDI 10 JUIN de 7H30 à 17 H. / BUS 33, 34 :
travaux d'urgence de la SERAMM 93 Bld National - Ces travaux nous obligent à modifier l'itinéraire de vos lignes en direction du terminus Réformés Canebière par le Bld de Strasbourg, avenue Camille Pelletan, avenue du Général Leclerc et Bld de la Liberté
4 arrêts non desservis en direction du terminus Réformés Canebière : National Belle de Mai, National Guibal, Voltaire St.Charles et Liberté Sembat;
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“Bobos parisiens” vs “boomers” : les pour et les contre du tramway des Catalans
L'enquête publique sur le projet de tramway des Catalans à Marseille se clôture ce mercredi 10 juin. À quelques jours de sa fin, Marsactu a épluché plus de 2 000 contributions du registre et en livre les tendances, avec une majorité d'avis favorables, mais toujours des débats sur la place de la voiture ou encore la mixité sociale.
Plus de 2500 avis de citoyens ont été déposés en ligne au sujet du projet de tramway des Catalans à Marseille, à un peu plus de 48 heures de la clôture de l’enquête publique. De mémoire de rédaction de Marsactu, il s’agit d’une mobilisation énorme pour une procédure de ce type. Depuis le 4 mai et encore jusqu’au 10 juin, les citoyens sont appelés à s’exprimer sur le projet d’extension de la ligne T2 depuis la Blancarde sur environ deux kilomètres entre la rue de Rome et la place du Quatre-Septembre, aussi appelé tramway des Catalans. Depuis son lancement dans les années 2000, le projet divise. L’enquête publique est une des dernières étapes règlementaires avant le lancement des gros travaux. Alors, Marsactu s’est plongé dans le registre des contributions pour vous retranscrire les avis sur le tramway des Catalans qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce projet.
En 2023, une concertation publique avait déjà été organisée et avait recueilli un millier de contributions, pour près de 54 % jugées favorables par le bilan réalisé par la métropole. Pour cette enquête publique, le compteur s’est affolé et ce sont 2000 avis que nous avons extraits le 1er juin. Pour analyser cette masse, nous avons eu recours à l’assistance d’un outil d’intelligence artificielle. Selon la catégorisation opérée par l’outil, complétée par des recoupements réalisés par Marsactu, plus de la moitié des contributions sont clairement en faveur du projet. Ce comptage se base cependant sur les seules contributions numériques, des dépôts papier étant également possibles.
Plus de la moitié de contributions favorables
Les défenseurs mettent notamment en effet la faiblesse du réseau de transports actuel sur ce secteur du centre-ville très fréquenté, en proximité de la plage des Catalans : “Les bus, archibondés aux heures de pointe, sont saturés (et pas qu’en été, il suffit d’être un usager régulier de la ligne 83). Face à cela, le tramway du Quatre-Septembre est une indispensable mutation. C’est enfin un accès digne à la mer pour tous”, résume par exemple un contributeur.
Ils mettent aussi en avant la nécessité de mettre fin au “tout-voiture” dans cette zone. “Ce n’est pas qu’un projet de transport. C’est un projet de reconquête du cadre de vie. À qui appartient la rue à Marseille ? Aujourd’hui, la réponse est sans ambiguïté. Avenue de la Corse, boulevard de la Corderie, rue de Rome : ces axes emblématiques sont devenus des autoroutes urbaines. Ce n’est plus tenable”, peut-on aussi lire. Ce qui permettrait également de donner plus d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR) et de la place aux aménagements cyclables. “Le tramway et la marche à pied sur des trottoirs inadaptés sont les seuls moyens de me déplacer avec la poussette. J’aimerais que Marseille soit une ville adaptée aux plus vulnérables et aux plus pauvres et pas à ceux qui crient le plus fort et qui ont la plus grosse bagnole”, témoigne une jeune mère à mobilité réduite.
Capture d’écran des contributions déposées les 3 et 4 juin.
De l’autre côté, un peu moins d’un tiers des contributions s’opposent clairement au projet. Ses détracteurs estiment que le réseau de bus actuel est suffisant ou que le tramway viendra l’impacter négativement et défendent la place de la voiture. “De très nombreux habitants doivent utiliser leur voiture pour aller travailler ou se déplacer, sans alternative possible en transports en commun, et que le tramway ne pourra résoudre. Nous avons aujourd’hui un axe qui sature et le projet veut le réduire considérablement”, résume un contributeur. Ils s’inquiètent aussi des conséquences pour le secteur. “Hors de question de couper tous les arbres de l’avenue de la Corse et de la Corderie… Le tramway ou le meilleur moyen de tuer un quartier… cf. rue de Rome. Plus de commerçants, plus personne n’a envie d’y aller”, peut-on par exemple lire.
Des opposants déposent également des contributions très techniques, critiquant les études du dossier sur les impacts sur la circulation, mais surtout sur les conséquences des travaux sur le bâti existant. “Le passage du tramway et la création d’un parking souterrain dans une zone historiquement et géologiquement sensible m’inquiètent”, témoigne une habitante citant l’abbaye Saint-Victor, la falaise de Samatan, la fontaine de la préfecture et la statue de la Corderie.
Des avis expriment des positions plutôt mitigées, généralement en faveur du projet, mais contre sa priorisation par rapport à d’autres sur le territoire. “La priorité n’est pas du tout cette ligne, mais de créer ou compléter les lignes structurantes vers le nord et l’est”, souligne ainsi un citoyen. Le coût, évalué en 2020 à 75 millions d’euros, joue pour beaucoup d’avis. Entre les contributions vides et celles posant uniquement des questions techniques sans se prononcer, avec des positions très nuancées ou inclassables, cela représente un cinquième des avis.
Des copiés-collés et des consignes d’avis
Certains reconnaissent le besoin d’une infrastructure de transport sur cet axe, mais défendent d’autres propositions. “Le choix d’un BHNS en site propre sur ce tracé m’apparait comme le plus pertinent. Cette solution, économiquement plus agile qu’un tramway, permettrait de garantir la fluidité des transports tout en finançant la mutation du cours Pierre-Puget en une coulée verte continue, de la fontaine Estrangin jusqu’au parc éponyme”, commente ainsi un habitant du quartier des Réformés. Si la proposition d’un BHNS (bus à haut niveau de service, circulant sur une voie réservée et avec une forte fréquence) revient régulièrement, une poignée de contributeurs cite aussi d’autres idées. Par exemple : “Capitaliser sur des bonnes pratiques du passé : le trolleybus.” Ce mode de transport électrique roulant grâce à des lignes aériennes circulait dans Marseille jusqu’au début des années 2000.
Le nombre de contributions à l’enquête publique — qui n’est d’ailleurs pas un référendum et ne doit pas seulement se lire sous l’angle du volume — se trouve toutefois en partie gonflé. Soit par le dépôt de plusieurs messages par une même personne identifiée — c’est le cas d’un homme qui pose plusieurs questions, par exemple sur le futur emplacement des conteneurs à poubelles, les déclinant chacune dans un post —, soit d’avis signés par des noms différents mais dont le texte est copié-collé mot pour mot ou presque. Ce phénomène représente tout de même près d’un quart des avis, des opposants aussi bien que des partisans. Un homme semble même par erreur commenter des instructions reçues : “Je confirme, il faut participer à l’enquête publique et déposer des avis favorables, en mettant en avant l’intérêt du projet pour la mobilité, son inscription dans l’avenir ainsi que les aspects environnementaux et architecturaux.” Ainsi, plusieurs personnes postent la même contribution sous forme de témoignage à quelques minutes d’intervalle, mais en signant de noms différents.
Mixité sociale et gentrification
Ce phénomène peut aussi s’expliquer par l’important débat sociétal derrière ce projet, qui ressort aussi au fil des contributions. Certains dénoncent ainsi les “boomers d’une partie des CIQ du 7e qui pensent que l’arrondissement leur appartient” pour lesquels le projet “ramènerait encore plus de monde, mais la plage des Catalans ne leur appartient pas”. D’autres estiment au contraire que le tramway est conçu pour les “Parisiens à vélo récemment installés qui ne comprennent simplement rien à notre vie de quartier” et que “non, les habitants du 7e ne sont pas tous des privilégiés”, mais plutôt des “victimes de sur-tourisme”, des “envahisseurs de l’été” ou encore d’une “foule incessante d’étrangers à notre quartier” face à laquelle il faut “retrouver la paix entre nous”. Les défenseurs du projet y voient une “volonté de préserver un certain entre-soi social”.
Avant l’ouverture de l’enquête publique, La Provence revenait sur le profil de certains de ces opposants qui exprimaient leur hostilité à la mixité sociale qu’amènerait ce projet lors d’une manifestation aux côtés d’une élue du Rassemblement national. Déclarant par exemple au journal : “Et quand on se baigne à côté des voilées (sic), on n’est pas à l’aise. On veut garder le quartier tel qu’il est.” De son côté, la maire des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard (Printemps marseillais), “veut se désolidariser de ces arguments”, tient-elle à indiquer à Marsactu. La mairie de secteur a déposé une contribution de quatre pages quasiment dès l’ouverture de l’enquête publique pour exprimer son opposition, reprenant notamment les arguments de la bonne desserte actuelle du secteur par les bus, les inquiétudes persistantes sur le plan de circulation futur, mais aussi le “risque d’inflation immobilière dans un quartier déjà frappé par la gentrification”.
Et l’avis de la ville de Marseille ?
S’il reste un peu plus de 48 heures avant la clôture de l’enquête publique, la Ville de Marseille n’a, elle, pas déposé d’avis. Car le sujet est épineux. Si elle y est historiquement opposée — le maire, Benoît Payan (Printemps marseillais), ayant même, en 2022, qualifié le tramway des Catalans de “la chose la plus bête, la plus absurde qu[‘il] ai[t] entendue” —, l’hypothèse de l’abandon du projet s’accompagne d’inquiétudes financières qui pourraient peser sur le choix final de la municipalité, comme Marsactu l’a documenté. Les conclusions de l’enquête publique pourraient aussi l’influencer.
La mobilisation, notamment des soutiens au tramway des Catalans, a été très forte à son lancement, avec près de la moitié des contributions déposées dans les trois premiers jours. À l’inverse, on observe une augmentation progressive du nombre d’avis défavorables au fil des jours. Reste à savoir quelle sera la dynamique dans la dernière ligne droite et la tendance générale à la fin. Mais un enseignement est déjà certain : comme depuis deux décennies, le tramway des Catalans divise toujours, reflétant des questions de vivre-ensemble à Marseille.