"On est dégoûtés, un acte fou" : un incendie volontaire détruit entièrement les cinq camions de cette association d'entraide, les maraudes et les salariés impactés
Une association des quartiers nord de Marseille spécialisée dans les maraudes, Vendredi 13, a perdu cinq camions incendiés dans leur entrepôt dans la nuit de mercredi à jeudi, les 14 salariés sont depuis au chômage technique mais les bénévoles vont continuer à aider leurs nombreux bénéficiaires.
Plus de maraude, plus de livraison. Un coup dur à l'approche de l'hiver. "Un acte fou", s'indigne l'association Vendredi 13, qui depuis 2018 fait des maraudes auprès des sans-abri et vient en aide aux personnes en précarité à Marseille. Au milieu de la nuit, ce jeudi 5 novembre, cinq de ses 13 camions ont pris feu, au 164 boulevard de Plombières.
"On était présents dans l'entrepôt en train de boire le café, raconte Bernard Nos, 74 ans, coprésident fondateur de l'association, sur le coup de 4 heures, une personne a mis le feu à des véhicules de la zone, dont cinq des nôtres". Le camion maraude, trois camions frigorifiques, et un fourgons sont totalement détruits.
Les images des caméras de surveillance confirment l'incendie volontaire. "On voit une femme, qui était en train de mettre le feu à tous les véhicules, les uns après les autres, on ne sait pas qui c'est", précise le coprésident, qui ne s'explique par ce geste. L'incendiaire a pris la fuite. Les véhicules de l'association étaient visés selon Bernard Nos : "ils sont tous tagués avec Vendredi 13 dessus".
"On est dégoûtés, mais on n'est pas des gens qui baissent les bras facilement, même dans l'adversité, on va montrer qu'on est capables de rebondir, on a quand même 14 000 adhérents par mois, ça représente 20 000 personnes servies tous les mois, on ne peut pas dire du jour au lendemain qu'on ne leur donne plus rien".
"On n'a plus qu'un camion frigo"
Les pompiers sont arrivés rapidement, évitant que le feu ne se propage à un immeuble. "Il y avait des flammes de 30 mètres de haut, note Bernard Nos, donc du public était concerné, ça aurait pu être plus catastrophique que ça".
Les conséquences sont dramatiques pour l'association et ses bénéficiaires : "on n'a plus qu'un camion frigo". Mais il en faut plus pour entamer la détermination de l'équipe.
On ne va pas baisser la tête, on va continuer à faire le maximum pour le public qu'on reçoit, on continue à distribuer cet après-midi et on va s'organiser pour trouver des véhicules
Bernard Nos, co-président de Vendredi 13ICI Provence-Alpes
Plusieurs institutions se sont déjà manifestées ce matin, la mairie, le département et la préfecture. "On espère que les institutionnels vont nous aider pour pouvoir se rééquiper en matériels", confie Bernard Nos.
500 000 repas en 2025
Une cagnotte solidaire est aussi envisagée, "mais ce n'est trop notre façon de fonctionner". Vendredi 13 compte sur un élan de solidarité spontané, et sait qu'elle a de la ressource dans ses rangs. "Les 14 salariés sont mis au chômage technique, dans ce cas, ils deviennent bénévoles", ajoute-t-il.
En cette saison, l'association organise des maraudes du lundi au vendredi, chaque soir dans un secteur différent de la ville, de l'Estaque à La Valentine. Sans camion, cette activité est suspendue mais reste l'épicerie solidaire, ouverte quatre jours par semaine, au chemin de Gibbes. "On ne va pas pénaliser notre public, ils ont besoin de nous", assure Bernard Nos. Heureusement, le camion qui effectue la distribution de denrées à la Joliette le mardi et le jeudi a lui aussi été épargné.
En 2025, l'association a servi l'équivalent à 500 000 repas et distribué 500 tonnes de denrées. Une activité en hausse de 20 % par rapport à l'année précédente. Infatigables aux côtés de leurs 300 bénévoles, Bernard Nos 74 ans, et Monique Blanc, 79 ans, les deux coprésidents, sont déjà à l'œuvre pour que l'activité reprenne au plus vite.

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